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Chute de la natalité au québec: la majorité des québécois sont inquiets

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 11 mai 2026

Au moment où la natalité au Québec atteint un creux historique à 1,33 enfant par femme, un nouveau rapport analyse les conséquences de la situation actuelle, les perceptions des Québécois par rapport à la dénatalité et l’effet des politiques pro-famille sur les naissances. Dans Un Québec sans enfants?, Étienne-Alexandre Beauregard, chercheur à l’Institut Cardus, soutient que la classe politique doit en faire plus pour aider les familles québécoises à avoir le nombre d’enfants qu’elles désirent réellement.

« La dénatalité a des conséquences collectives importantes pour l’avenir de notre économie et de notre culture, mais avoir un enfant est d’abord et avant tout une question personnelle. Les sondages montrent un écart important entre le nombre d’enfants désirés par les familles et les naissances réelles. Ça devrait tous nous inquiéter », affirme M. Beauregard.

Le désir d’enfant demeure élevé chez les Québécoises et les Québécois

Dans tous les pays développés, la natalité enregistre un déclin important, mais le désir d’enfant reste constant. Les données du ministère de la Famille du Québec montrent que les jeunes Québécoises et Québécois veulent toujours en majorité des enfants, en plus grand nombre et plus tôt que ce n’est le cas présentement. Plusieurs facteurs peuvent expliquer la difficulté à réaliser ces désirs personnels, dont le coût de la vie, le fait que les jeunes entrent sur le marché du travail et deviennent propriétaires plus tard qu’avant, et la difficulté de concilier travail et famille. Il est donc inquiétant qu’un écart important se creuse entre le désir d’enfant et les naissances réelles.

La majorité des Québécois anticipe des conséquences négatives à la dénatalité

La dénatalité a aussi des conséquences collectives sur l’ensemble des Québécois. Une étude de la Chaire de recherche sur les enjeux économiques intergénérationnels a estimé l’effet sur les finances publiques du vieillissement de la population à plus de 31 milliards $ en 2040, et plus de 102 milliards $ en 2060. Statistique Canada documente également un déclin constant du poids du Québec au sein du Canada, qui devrait chuter sous les 20% autour de 2040.

En collaboration avec Léger, Cardus a sondé les Québécois sur la question de la natalité. Seulement 29% des répondants sont au courant que le Québec a connu plus de décès que de naissances l’an dernier, sans doute parce que la question a été peu abordée dans le discours public jusqu’à maintenant. Par contre, 51% des Québécois se disent préoccupés par cette question, et une nette majorité anticipe des retombées négatives sur les finances publiques (64%), la croissance économique (62%), la langue française (55%), la culture québécoise (56%), la population des régions du Québec (58%) et l’accès aux services publics (55%). Nous sommes donc face à un enjeu collectif majeur.

Les politiques pro-famille aident les parents à réaliser leur désir d’enfant

Les politiques publiques qui viennent en aide aux familles sont un outil pour sortir de cet « hiver démographique ». Des études internationales concluent effectivement que les aides financières ont une influence pour aider les familles à avoir des enfants. Au Québec, l’allocation à la naissance du gouvernement Bourassa, puis le Régime québécois d’assurance parentale ont historiquement permis de refermer l’écart négatif avec le reste du Canada en matière de fécondité. Si aucun pays n’est parvenu à retrouver le seuil de maintien de 2,1 enfants par femme au moyen de politiques publiques, il existe une grande différence entre une fécondité à 1,73, comme c’était encore le cas au Québec en 2008-2009, et 1,33, qui représente un déclin drastique. Les politiques pro-famille peuvent aider à retrouver une fécondité plus élevée.

« La natalité est devenue un enjeu incontournable au Québec, comme l’ont démontré les sorties récentes de Marwah Rizqy, Kariane Bourassa, Paul St-Pierre Plamondon et Éric Duhaime », explique M. Beauregard. « À l’approche de la campagne électorale, il est important de prendre connaissance des données sur la situation actuelle, afin de mettre en place des politiques pro-famille qui permettront aux Québécoises et aux Québécois d’avoir le soutien nécessaire pour réaliser leurs projets familiaux. »

Un Québec sans enfants? : Aider les familles québécoises à avoir le nombre d’enfants qu’elles désirent est disponible sur le site web de l’institut Cardus.

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