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23 mars 2026
Alors que le secteur communautaire québécois entame une grève du 23 mars au 2 avril, un nouveau rapport suggère que ce n’est pas de subventions publiques dont manque la société civile québécoise, mais plutôt de dons de charité venus des citoyens. Dans L’argent public a-t-il remplacé la charité? Regard sur l’autonomie financière de la société civile québécoise, l’auteur du rapport et chercheur à l’Institut Cardus, Étienne-Alexandre Beauregard, soutient que les organismes à but non lucratif au Québec sont très dépendants de l’État, alors que la philanthropie est en recul, ce qui pose un réel risque pour l’autonomie des initiatives communautaires.
« Quand l’argent public représente jusqu’à 80% du budget de certains organismes, on ne peut pas dire qu’ils soient réellement autonomes », dit M. Beauregard.
La société civile québécoise est dépendante de l’État
Le rapport rappelle qu’entre 2018 et 2025, le financement de l’État québécois au secteur communautaire a presque doublé, passant de 1,16 milliards à 2,17 milliards de dollars. Une étude récente sur le secteur communautaire québécois rapporte que le financement public compose jusqu’à 80% des revenus des organismes, ce qui révèle à la fois une forte dépendance aux subventions et . En 2023-2024, la contribution de l’État aux organismes communautaires représentait 143 % de la valeur totale des dons de charité déclarés au Québec par les citoyens.
Le Québec fait moins de dons de charité que le reste du Canada
Les données de Statistique Canada révèlent que le Québec est loin derrière le reste du Canada en matière de dons de charité. Entre 1997 et 2024, la proportion de la population québécoise a avoir fait un don a chuté de 23% à 17,1%, un recul de 35%. De plus, le don de charité médian au Québec est de 160$, alors qu’il dépasse 400$ dans les neuf autres provinces. Ce déficit de charité a des effets sur la santé et sur l’autonomie de la société civile québécoise, qui devrait pouvoir compter sur un appui populaire pour accomplir sa mission au service du bien commun et des plus vulnérables.
L’importance d’une société civile vraiment autonome
Pour jouer son rôle de contre-pouvoir face au gouvernement, et pour poursuivre sa mission selon ses propres conditions, la société civile doit être indépendante vis-à-vis l’État, notamment financièrement. Au Québec, depuis 2001, la Politique gouvernementale d’action communautaire a officialisé le lien entre l’État et le secteur communautaire, notamment au moyen de subventions majoritairement versées en soutien à la mission, c’est-à-dire sans contrepartie. Le Vérificateur général du Québec a déjà soulevé des questions de transparence et d’imputabilité face à ce soutien financier renouvelé automatiquement à chaque année. Surtout, nous pouvons craindre un « effet d’éviction », où du financement public réduit l’incitatif à chercher du financement privé et populaire, au risque de produire l’inverse de l’effet souhaité : une autonomie par rapport à la société plutôt que par rapport à l’État.
« Le financement étatique du secteur communautaire n’est pas négatif en lui-même », explique M. Beauregard. « Cependant, le gouvernement devrait chercher à créer un effet de levier qui motive les Québécois à donner à leur tour et à s’impliquer personnellement dans les organismes, plutôt que de se substituer à la charité. »
L’argent public a-t-il remplacé la charité?: Regard sur l’autonomie financière de la société civile
québécoise est disponible sur le site web de l’institut Cardus.
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