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20 mai 2026
OTTAWA — Les églises canadiennes sont en première ligne face à une crise de santé publique croissante liée à l’isolement et à la solitude parmi leurs membres et au sein de leurs communautés en général, selon un nouveau rapport du l’Institut Cardus.
L’isolement social et la solitude ont des conséquences profondes pour les personnes touchées, notamment des taux plus élevés de maladie et de décès. Les Canadiens appartenant à des groupes marginalisés sont plus susceptibles de déclarer ressentir la solitude de manière plus intense et plus fréquente.
Cardus a mené une enquête auprès de responsables d’églises en 2025, afin d’explorer leurs préoccupations concernant l’isolement et la solitude, ainsi que les solutions potentielles qu’ils proposent. Le sondage a révélé que 64 % des répondants s’accordaient à dire que l’isolement social et la solitude constituaient des problèmes au sein de leurs congrégations. Le taux d’accord était le plus élevé parmi les répondants francophones (73 %), comparativement à 62 % chez les participants anglophones. Parmi ceux qui identifiaient l’isolement comme un défi pour leurs fidèles, 73 % ont déclaré que le problème s’était aggravé au cours des cinq dernières années.
« Alors que des recherches et des sondages antérieurs suggèrent que la foi et la spiritualité peuvent aider à se prémunir contre l’isolement social et la solitude, les recherches menées à ce jour ne disent que très peu de choses sur la manière dont les communautés religieuses y contribuent », explique Jean-Christophe Jasmin, Directeur pour le Québec chez Cardus. « Ce sondage offre un aperçu important tant des préoccupations et des défis des responsables d’églises sur cette question que des programmes et pratiques concrets des églises qui pourraient jouer un rôle important. »
L’enquête a révélé que les congrégations sont déjà très actives dans la lutte contre la solitude et l’isolement grâce à divers programmes et activités. Les visites pastorales arrivent en tête de liste, proposées par 89 % des églises, suivies des groupes de discussion (84 %) et des personnes chargées d’accueillir les fidèles lors des services religieux (80 %). Les rencontres sociales organisées par l’église et les réceptions autour d’un café après les services sont également courantes, proposées respectivement par 78 % et 77 % des congrégations.
Environ la moitié des répondants ont déclaré que leur église offrait des programmes ciblant spécifiquement les aînés et les jeunes, des populations exposées à des risques d’isolement plus élevés.
Les responsables d’églises ont identifié les aînés et les personnes en situation de vulnérabilité socio-économique, comme la pauvreté ou le manque de logement, comme étant particulièrement à risque au sein de leurs congrégations.
Les églises ont également décrit des programmes répondant à des besoins concrets de la communauté, notamment la distribution de repas et le soutien aux personnes en situation de pauvreté, l’aide aux nouveaux Canadiens, le soutien aux personnes en deuil, ainsi que le bénévolat et le soutien à des services locaux comme les banques alimentaires ou les refuges.
Malgré leur réponse active, les responsables religieux ont exprimé le désir d’en faire davantage, mais le rapport identifie des obstacles empêchant l’intensification des efforts, notamment le manque d’information, de temps et de ressources pour établir des partenariats avec d’autres organisations et les gouvernements. Les répondants au sondage ont également exprimé leur inquiétude quant au fait que la perte du statut d’organisme de bienfaisance réduirait leur capacité à offrir des programmes de lutte contre l’isolement.
Le rapport de Cardus recommande aux gouvernements de maintenir le statut d’organisme de bienfaisance des églises, de simplifier la réglementation relative au bénévolat et de reconnaître le rôle que jouent les congrégations pour relever ce défi de santé publique.
« Les gouvernements et les responsables de la santé auraient tout intérêt à mieux comprendre comment les églises et les autres communautés religieuses s’attaquent à l’isolement », déclare Jasmin. « Les congrégations religieuses disposent déjà d’une infrastructure et d’une expérience considérables pour mettre en relation les personnes isolées avec le soutien communautaire. Reconnaître et encourager ces réseaux existants pourrait s’avérer précieux alors que le Canada est aux prises avec ce que les responsables de la santé publique décrivent de plus en plus comme une épidémie de solitude. »
Les résultats de l’enquête sont considérés comme préliminaires et non concluants en raison des limites de l’échantillon; ils ne peuvent donc pas être considérés comme représentatifs de l’ensemble des églises chrétiennes au Canada. Malgré ces limites, ils constituent une avancée significative et fournissent des informations importantes sur un sujet peu étudié, et nous espérons qu’ils stimuleront la poursuite des recherches.
Prendre soin les uns des autres: La réponse des églises canadiennes à l’isolement social et à la solitude est disponible gratuitement sur le site web de Cardus.
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CONTACT PRESSE
Jean-Christophe Jasmin
L’Institut Cardus – directeur pour le Québec
905.528.8866 x 712
jcjasmin@cardus.ca
Cardus – L’imagination au service d’une société épanouie
L’Institut Cardus est un institut de recherche non partisan qui se consacre à clarifier et à renforcer, par la recherche et le dialogue, les moyens par lesquels les institutions de la société peuvent travailler ensemble pour le bien commun.