Ce n’est pas ce qu’on nous avait promis lorsque l’aide médicale à mourir a été légalisée.
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
11 février 2026
Les tribunaux et les leaders politiques avaient prédit que l’euthanasie (aide médicale à mourir ou AMM) pourrait être légalisée sans créer de « risque accru » pour les groupes vulnérables, tels que les personnes handicapées, ni avoir d’impact « démesuré » sur eux. Cependant, la réalité au Québec depuis la légalisation est très différente.
« L’expansion massive de l’euthanasie au Québec accentue les craintes qu’elle constitue une substitution à un système de santé défaillant, déclare Jean-Christophe Jasmin, directeur du Cardus au Québec. Il n’est pas plus facile de consulter un spécialiste au Québec. Il faut plus de temps pour voir son médecin de famille, si l’on fait partie de la minorité qui en a un. Et si l’on est vulnérable ou handicapé, il est déjà de plus en plus difficile d’obtenir les soins dont on a besoin pour éviter de souffrir. »
Alors que le système de santé québécois n’arrive pas à répondre à la demande, un rapport de l’institut Cardus révèle que l’euthanasie continue de se développer rapidement :
- Plus de 20 % des décès par l’AMM au Québec en 2023-2024 concernaient des personnes dont l’espérance de vie naturelle était supérieure à six mois, soit une proportion de décès prématurés 100 fois plus élevée qu’aux Pays-Bas, où l’AMM est légale depuis près de 25 ans.
- 65 % des demandes d’aide médicale à mourir au Québec ont été approuvées en 2023, entraînant le décès du patient.
- Le Québec a interdit aux procureurs d’ouvrir des enquêtes criminelles sur les praticiens qui enfreignent la loi pénale en donnant suite à des demandes anticipées de l’AMM, créant ainsi une légalisation de facto.
« Les salles d’urgence des hôpitaux québécois fonctionnent régulièrement à plus de 100 % de leur capacité, voire parfois à plus de 200 % à Montréal, ce qui touche particulièrement les personnes vulnérables, explique Jasmin. C’est l’une des raisons pour lesquelles le coroner a conclu que des failles systémiques dans le système de santé ont empêché Normand Meunier, un homme de 66 ans tétraplégique, de recevoir les soins dont il avait besoin, ce qui l’a finalement conduit à demander et à obtenir l’AMM en 2024. Plus inquiétant encore, le coroner a dit aussi que ‘‘la situation vécue par M. Meunier n’est pas un cas isolé.’’ L’AMM ne devrait pas être plus accessible que l’aide médicale à vivre. »
Une objection à Carter : L’impact de l’aide médicale à mourir sur les Canadiens en situation de handicap est disponible sur le site web de l’institut Cardus.
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