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Une question de confiance dans le système de santé

L’aide médicale à mourir (AMM) sape la relation de confiance entre le médecin et le patient chez les personnes handicapées

Les Canadiens considèrent que l’aide médicale à mourir (AMM) ne devrait être qu’une option de dernier recours. Toutefois, lorsque les patients n’ont pas accès à des soins adaptés à leur état, est-ce qu’on peut toujours parler d’un choix libre et éclairé?

Cette question revêt une importance particulière pour les personnes handicapées et atteintes de maladies chroniques, qui font déjà face à des obstacles pour recevoir tous les soins dont elles ont besoin. Des discussions non sollicitées sur l’aide médicale à mourir de la part de leur médecin peut miner le lien de confiance entre patient et soignant.

« S’assurer qu’il y ait des espaces sans aide médicale à mourir est vital pour maintenir la confiance de tous les Canadiens dans le système de santé », déclare Jean-Christophe Jasmin, directeur québécois de l’Institut Cardus. « Cette demande est particulièrement prononcée chez les personne qui vivent avec un handicap grave. »

Ce document de travail de Cardus met en lumière les enjeux sous-jacents à des cas comme celui de Normand Meunier, qui a demandé l’aide médicale à mourir après avoir été hospitalisé pour un problème respiratoire et être sorti quatre jours plus tard avec des complications graves. L’un des enjeux les plus importants concerne l’incapacité des personnes handicapées d’accéder au soutien médical dont elles ont besoin pour bien vivre.

« Cinquante-sept pour cent des Canadiens vivant avec un handicap grave déclarent faire face à des obstacles ou à de la discrimination dans le domaine des soins de santé, tandis que près de la moitié des professionnels de la santé affirment que les personnes handicapées reçoivent des soins de santé “mauvais” ou “très mauvais” au Canada », explique Jasmin. « Il est injuste et inexcusable que des obstacles systémiques à l’accès aux soins de santé conduisent des personnes handicapées à demander l’aide médicale à mourir parce qu’elles ne considèrent pas avoir d’autre alternative. »

Le document de travail de Cardus examine aussi comment le soutien à l’aide médicale à mourir dans la population pourrait être moins solide qu’on le pense. En effet, l’étude constate que les Canadiens ignorent généralement en quoi consiste l’aide médicale à mourir ou qui y est admissible. De nombreux Canadiens ont la fausse impression que l’aide médicale à mourir n’est offerte que dans des cas exceptionnels ou en dernier recours. Une proportion importante de Canadiens confond également l’aide médicale à mourir, qui met délibérément fin à la vie d’un patient, avec le refus de traitement ou la sédation palliative.

Le rapport Aide médicale à mourir et handicap examine les résultats d’un sondage mené à l’automne 2024 par l’Institut Angus Reid en partenariat avec Cardus, ainsi que d’autres données et recherches disponibles, sur les opinions des Canadiens concernant l’aide médicale à mourir, y compris la façon dont celle-ci affecte les personnes handicapées et influence la confiance des Canadiens dans les soins de santé. Le document de travail est accessible gratuitement sur le site Web de Cardus.

CONTACT PRESSE

Jean-Christophe Jasmin
L’Institut Cardus – directeur pour le Québec
905.528.8866 x 712

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